LA LIGUE DES DROITS DE L'HOMME ?

Suite à ma proposition faite à la Fédération LDH de Perpignan d'organiser une projection de mon film, voici ce qui m'a été répondu :

Philippe, bonjour,

Nous ne pourrons prendre en charge directement un ciné débat autour de ton film, mais j'avise le collectif Paix et Justice 66 auquel nous appartenons.

Voici ma réponse à ces militantes de la Ligue qui ne souhaitent donc pas mette leur signature sur la promotion de ce film.

Quand à la fédération du Rhône, le silence est total.

Mesdames,

Je suis déconcerté devant votre réaction vis à vis de mon film « Les Femmes en Noir »

Je veux maintenant vous dire deux raisons à cela.

1 – Les juifs ont été victimes du non respect des droits de l'homme d'une façon, on le sait, absolument odieuse, inhumaine. Est-ce une raison pour faire subir aux autres ce qu'ils ont subi eux-mêmes ? Les juifs sionistes se sont appropriés des terres qui ne leur appartenaient pas. Est-ce une raison pour tuer des palestiniens, alors qu'ils n'étaient pas armés, quand ceux-ci avec leur famille ne demandaient simplement qu'à retourner chez eux ?

Est-ce un comportement humain d'avoir agi comme des assassins ?

C'est exactement ce qu'affirment dans mon film, Martine Ullman, Danielle Walter et Janina Hescheles dans ses carnets, juive et Femme en Noir à Jérusalem. Ailleurs, dans la rue, c'est aussi ce que pensent les manifestants quand Israël tue ...

Ces femmes ont elles le droit de le dire et de se faire entendre ?

En vous retirant de ce débat le plus crucial du moment que pourrait susciter mon film auprès du public dans le cadre de vos activités militantes, vous venez confirmer que la Ligue de Droits de l'Homme ne va pas jusqu'au bout de ses convictions, ce qui la rend solidaire du sionisme international et tolérante vis à vis d'un état coupable de colonialisme criminel.

C'est aussi ce que pense Richard Falk en évoquant l'image négative que se donne la LDH auprès des militants antisionistes (et non antisémites), rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens.

2 – Mon film n'est pas assez bon, trop militant et ne s'adresse qu'à un public averti ?

Erreur ! C'est juste un film sur des militantes âgées, grand-mères, dont le courage et l'obstination pourraient servir de modèle aux plus ,jeunes.

Vous n'avez sûrement pas vu le film ou, la hiérarchie supérieure de votre mouvement se doit d'obéir à des pressions internationales que peut-être des militants de base désavouent, mais qu'ils auraient trop peur de dénoncer au risque d'être exclus.

Voilà un autre droit sur lequel vous devriez vous pencher en vos qualités de militantes libres, celui d'être en désaccord avec les orientations d'une association ayant une nécessaire résonance internationale, que je continue de respecter, mais qui ne se bat que pour les droits de certains hommes, pas de tous ...

Décidément, plus j'avance dans l'âge, plus je fais des films qui ne font pas l’unanimité.

C'est normal, nous ne vivons plus que sous le règne des mensonges, du silence sur les réalités politiques et économiques du monde, des illusions entretenues par tous les gouvernements sur les capacités du capitalisme sauvage à devenir humain et enfin de notre dépendance aveugle au pouvoir phénoménal de l'argent.

Tout cela n'est-il pas finalement « La fabrication du consentement » ? Lire Noam Chomski

 

 

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