Tous complices   (TF1) fiction de 8'30 (1986) Producteur: INSERT VIDEO .   Générique du film.     

 

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« Femmes victimes de violences, tous complices ? »

 

Comme le viol, les femmes battues suscitent bien souvent un silence gêné, si ce n'est un demi-sourire gaillard, voire égrillard ... Cette réalité, qui est le pain quotidien de bien des femmes de tous âges, toutes origines et conditions sociales, fait partie de ces choses qui se font, qui se savent, mais qui ne se disent pas, de cette violence domestique impunie, protégée par le mur  « sacro-saint » de la vie privé ! « Crie moins fort les voisins vont t'entendre ».

Parce qu'elles ont reçu quelques 9 000 femmes depuis 5 ans, dont 80%  possédaient des certificats médicaux pour coups et blessures de la part du conjoint (80 % de Françaises), parce que les récents faits divers (train, métro) qui se sont déroulés dans l'indifférence et donc la complicité tacite des voyageurs impassibles, les ont révolté, les responsables et animatrices de V.l.F.F.-S.O.S Femmes à Villeurbanne, ont « craqué »...

De leur colère, mais aussi de leur solidarité active, Brigitte Thévenieau et son équipe ont fait un film, Film-vidéo de 8 mi­nutes, émouvant, construit de main de maître, expliquant les choses avec clarté mais sans une once d'agressivité, avec le "zeste"  de symbolisme (les portes claquées) qui fait l’œuvre d'art, et en filigrane, une musique superbe (le quatuor n° 3 et duo de Vladimir Chostakovitch), qui ajoute encore à la force des mots.

Pour réaliser ce travail, V.I.F.F, a fait appel à des professionnels : le réalisateur Philippe d'Hennezel et ses techniciens, des comédiens et comédiennes. Et parce qu'il était impossible de tout dire d'un tel sujet au risque de tout mélanger, un angle de vue particulier a été choisi : la réaction et le rôle des voisins, de l'entourage, de ces témoins non directement impliqués, car leur attitude est très importante, parfois déterminante pour ces femmes, honteuses et traumatisées physiquement et moralement.

Ce film est un travail d'équipe qui s'articule autour de trois parties : interviews de passants dans la rue, scènes jouées, et a la fin quelques minutes d'explication et conseils (commissariat, service d'urgence) dans les locaux de V.I.F.F. Lieux communs du style : « cela ne nous regarde pas puisqu’ils sont mariés » et «  c'est à croire qu'elles aiment ça », ou réactions saines et de bons sens de le part des deux sexes.

Les femmes battues, cela vient de loin... de l'esclavage, du patriarcat où l'homme avait tous les droits sur les gens qui « lui » appartenaient, confondant allègrement les verbes « être » et « avoir ». Femme « chose » de l'homme, toujours coupable quelque part... (cf. l'adage,  bats ta femme, si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait) et cette idée que parfois, en effet « elle » le mérite (lui ? jamais !). Il faut ranger à tout jamais aux oubliettes cet « homme proprié­taire » et refuser d'être complice. Par un simple coup de fil à police secours dans les cas graves, par un dialogue noué, l'écoute, la sympathie entre voisins, chacun doit faire oeuvre d'humanité.

 

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