LE QR CODE

 

Introduction au  livre : DÉCONNECTONS NOUS !

Le 15/06/2022

Je reviens d'un séjour à Madrid. Une très belle ville. Mais nous constatons que l'Espagne n’échappe pas à l'évolution foudroyante de cette nouvelle addiction, "la Nomophobie" : pour plus de précisions sur cette maladie planétaire, j'invite à consulter cette page, texte intégral vu sur le net : Le téléphone portable

Un soir, je rentre avec Brigitte (Mon épouse) dans un petit bar pour y déguster quelques Tapas. On s'installe à une table, un garçon s'approche auquel nous demandons le menu. Sur toutes les tables sont posés un petit bout de papier sur lequel est inscrit un QR code qu'il faut donc scanner avec un téléphone portable pour connaître tous les plats proposés. Le garçon nous invite à le faire. Nous n'avons pas de portable. Stupéfaits,  nous ressortons aussitôt sous le regard méprisant du garçon.

Le train est en marche et il ne sera plus possible de l'arrêter. Il est certain que demain, ne pas avoir un portable constamment dans la main pour s'informer, communiquer, payer, se cultiver et enfin connaître le prix de n'importe quel article, même pour gérer ses provisions alimentaires sur les marchés, nous condamnera à ne plus être dans les normes, rejetés, humiliés et finalement considérés comme débiles. Oui, nous sommes donc des vieux débiles mais heureux de l'être ! Avec les incinérations prochaines qui nous feront loger dans des urnes trop petites pour écrire dates et noms,  la magnifique image d'un QR code les révéleront. Sans portable, nos noms seront donc plus ce qui importe, définitivement oubliés. Nous n’existerons plus. A quoi bon se souvenir de nous ? De ce que nous avons vécu et pensé ?

Je viens encore de publier un dernier livre "Déconnectons-nous" :

Deconnectons.htm . Suite à "l'héritage humain" (1) qui reposait sur les textes fondateurs de "l'esprit humain", ce dernier "Déconnectons-nous" (2) est son contraire, la fin définitive des luttes (1 - Construction, évolution encore possible de notre humanité) – (2 - Destruction, abrutissement, effondrement de la pensée et de notre civilisation).  Plus besoin de Stasi : Dans son essai, « La fin des choses » (Actes Sud), le philosophe sud-coréen Byung-Chul Han proposait une analyse brillante de nos sociétés numériques, où les existences croulent sous les informations et se coupent de la matérialité du monde. Dans « Pourquoi aucune révolution n'est possible aujourd'hui », texte inspiré d'un débat avec Toni Negri, Byung-Chul Han affirme que le capitalisme n'est pas (plus) un système économique vertical ou autoritaire « extérieur », mais un système « intériorisé », voire une anthropologie. Et qu'il génère d'autant moins de désirs révolutionnaires ou de protestations manifestes que « le sujet soumis n'est même pas conscient de sa soumission. Il s'imagine en liberté [...]. La domination qui réprime et attaque la liberté n'est pas stable. Si le régime néolibéral est si stable, s'il s'immunise contre toute résistance, c'est parce qu'il fait usage de la liberté au lieu de la réprimer. »

"La fin des choses"

REVUE DE PRESSE

Il résonne en effet comme une question mélancolique qui traverse l’ouvrage entier, lancée à l’adresse d’un monde qui disparaît, celui des choses.

David Zerbib, LE MONDE DES LIVRES

C’est peut-être un Coréen vivant et travaillant à Berlin qui parle le mieux de ce que nous réserve le capitalisme numérique. (…) ; La modernité numérique déréalise le monde par l’élimination systématique des choses qui sont converties en informations. Pour mener à bien cette opération, elle possède les armes redoutables que sont devenus nos amis quotidiens: le smartphone, les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle, l’Internet des objets. (…) Le monde n’est plus habité, la vie n’est plus vécue, le temps n’est plus sensible, nous sommes dépossédés de nos vies par les nouvelles technologies: on connaît la chanson nostalgique, souvent reprise sur un ton apocalyptique. Mais le philosophe coréen s’interdit de jouer sur la peur du grand remplacement de l’homme par la machine. Il enregistre simplement l’effacement programmé des choses par l’ordre digital. Et la désorientation qui en découle.

Paul-Henri Moinet, LE NOUVEL ÉCONOMISTE

Byung-Chul Han [...] parle [...] de l'érosion des choses, de leur progressif remplacement par des entités numériques [...]. Le chapitre le plus saisissant est celui consacré à la pensée et à l'intelligence artificielle. S’appuyant entre autres sur Heidegger et Deleuze, Byung-Chul insiste sur le fait que la pensée relève d’un « processus analogique » : « avant qu’elle n’appréhende le monde sous forme de concepts, elle est saisie, mieux, elle est affectée par le monde », si bien que « la première image de la pensée, c’est la chair de poule ». Ce que ne pourra jamais avoir l’intelligence artificielle, laquelle, du coup, ne pense pas […].

Robert Maggiori, LIBÉRATION

La bêtise des médias complices à 100% de l'économie libérale fait croire à la "révolution exceptionnelle de l'industrie du numérique". Est-ce une révolution qui émane du peuple ? La bêtise des médias complices à 100% de l'économie libérale  fait croire que c'est en allant voter que sera respectée la souveraineté populaire ? A-t'on déjà vu un élu tenir les promesses qui lui ont permis d'être élu, mettre fin à la misère, au chômage, aux inégalités sociales, aux profits énormes de quelques-uns vénérés pour leurs formidables réussites ?

J'avais déjà écris "Déconnectons-nous" avant de connaître  Byung-Chul Han. Je ne suis donc pas le seul à avoir cette certitude. L'esprit des luttes est définitivement mort. Se déconnecter serait déjà un premier pas vers une vraie révolution, parce que celle-ci émanerait du peuple, et non de technocrates.

Il est dédié à tous les militants ou ceux conscients des réalités du monde actuel, et particulièrement ceux que je connais ou ai connus et qui y sont cités, que des amis (es).

Mes prochains messages seront donc entièrement rédigés en QR code.

Sur le même sujet : "Bienvenue dans la société sans contact" où, sans téléphone portable, organiser nos vies sera impossible.

Mes livres aux éditions du net :

https://www.leseditionsdunet.com/recherche?keys=philippe+d%27Hennezel

Page d'accueil de mon site : http://www.hennezel.net/accueil.html

Mon ancienne carte de visite

 Ma nouvelle carte de visite

C’est la même chose exactement

mais sans les loups pour celle de droite.

Philippe d’Hennezel