1 - PREMIER VOYAGE

 PREMIER SEJOUR A LA ROCHERE

 Le lendemain, je quittai Gray pour me rendre à la Rochère, où M. de Finance m’avait invité.  Dans le train après Jussey, la ligne suit la rive droite de la Saône.  Avant d’arriver à la station de Corre, je mets curieusement la tête a la portière.  Je cherche a droite, sur l’autre rive, le village d’Ormoy dont nous portons le nom depuis le XVIè siècle.  J’aperçois d’abord, au fond d’une boucle de la rivière, un important moulin à demi-caché par de grands arbres.  Puis c’est Ormoy.  Les maisons semblent s’étaler de chaque coté d’une large rue que domine un clocher assez banal.

 Comme je voudrais revoir un jour ce village, pour tacher d’y retrouver l’emplacement du fief qui appartenait a la famille ! La ligne de chemin de fer se rapproche d’un château qui se devine au milieu des arbres d’un parc, c’est Richecourt. Je me souviens qu’au début du 16è siècle, vivait dans ce lieu une demoiselle de la branche protestante du Tollot, fille de Robert de Mombard de Mandreville, baron de Richecourt et seigneur de Villars le Pautel. Ce gentilhomme fut assassiné en 1708, dans le bois du Roy, près d’ici. 

Le château de Richecourt

 Apres ce tragique évènement, sa veuve et ses six enfants abandonnèrent le pays et cherchèrent un refuge en Thiérache, au château de la Hérie-la-Vieville. C’est là que la baronne de Richecourt finit ses jours, après avoir marié ses quatre filles à des gentilshommes de sa province d’adoption.  Cette large vallée parait fertile et de nombreux bois frangent les plateaux qui la dominent. Le pays semble riant.  Il me faudra attendre une trentaine d’années avant de le visiter.  A la station de Passavant, où je descends, en sortant de la gare, je me sens en pays industriel.  Je passe auprès d’une tuilerie, d’une forge et d’une fonderie, avant de prendre le chemin de la Rochère. La route longe un magnifique étang et devient de suite très mauvaise.  Il est vrai qu’elle ne conduit qu’au village - but de ma visite - sorte de cul de sac qui s’enfonce dans la lisière sud de l’immense forêt de Darney.

 Les maisons de la Rochère sont entassées au pied d’un coteau boisé qui les protège à l’est. J'arrive chez Charles de Finance, vieillard de quatre vingt ans. Il passe l’ été chez sa fille, mariée depuis une quinzaine d’années à M. . Armand Mercier, neveu et fils adoptif du maître de la verrerie de la Rochère. Bien qu’ on le qualifie « château de la Rochère », l’habitation où je suis reçu est une modeste maison de campagne, tout en longueur à un seul étage.  Elle est entourée d’ un jardin sans prétention avec quelques vieux arbres. 

 Très accueillante, Mme Mercier de Finance, c’est ainsi qu’on l’appelle, m’offre l’hospitalité de la table et d’une chambre.  Son père a une excellente mémoire et comme je suis complètement ignorant du passé de la Rochère, il m’en conte l’histoire en quelques mots.

 Trente ans plus tard, quand je reviendrai séjourner dans ce lieu, chez le capitaine de Massey, je pourrai évoquer cinq siècles et demi du passé de cette verrerie, la seule de la forêt de Darney, fondée par nos ancêtres, qui soit encore en activité aujourd'hui (1944).

D’ailleurs, M. de Finance a réuni dans un cahier qu’il me permettra de copier, la moisson de notes réunies par lui.  De sa conversation d’aujourd'hui, je retiens seulement quelques noms, aux diverses époques de l’existence de la Rochère. 

 « Le fondateur du village, me dit-il, celui qui songea à défricher ce coin de forêt, fut un membre de la famille Collin, maître de la verrerie voisine de St Vaubert.  En 1477, le duc de Lorraine, René II, lui donna l’autorisation nécessaire, en confirmant les privilèges dont il jouissait. Quelques années plus tard (1481), le Sgr de Passavant, Charles de Beauvau, accorda au même gentilhomme verrier et à ses successeurs, le droit d’exploiter le bois de Passavant, partie de la forêt qui se trouve au nord-ouest du village ».

 Thiétry ne semble pas avoir réalisé son projet, une quinzaine d’années plus tard (1496), apparaît le véritable fondateur de la Rochère, il se nommait Simon de Thysac, gentilhomme auquel le même Sgr. de Beauvau, renouvela la concession, en augmentant les droits et privilèges reconnus jadis à Colin de Thiétry. Thysac fut le premier, semble-t-il, à s’installer dans ce lieu sauvage, perdu au milieu des bois.  Il défricha les terrains nécessaires à l’emplacement de sa propre demeure et de ses dépendances, c’est l’endroit actuel du village.

 Pendant un siècle, les Thysac et les Thiétry seuls se succédèrent sur ce domaine, en se le partageant ainsi que l’exploitation de la verrerie. En 1581, la Rochère passe aux mains des rois de France, pour se rattacher tantôt a la Champagne, tantôt a la Bourgogne et en fin de compte à la Franche-comté. Lorsque le duc de lorraine, Charles III édicta de sévères mesures contre les protestants, certains gentilshommes verriers de la foret, adeptes de la réforme, cherchèrent un refuge ici avec leur famille. C’est vers cette époque, fin du XVIè siècle, que les Hennezel apparaissent à la Rochère 

Le premier dont on retrouve la trace se nommait Girard ou Gérard de Hennezel dès 1572, il travaillait ici avec deux Thiétry et un Thysac. D’ailleurs sa femme était originaire de la Rochère.  Il existe encore sur notre terroir, un bois qui porte son nom «le bois du sire Gérard ».  Je ne sais s’il était protestant, en tout cas, l’un de ses fils se maria en Nivernais, devant un prêtre catholique, la dernier année du siècle (1599). . 

A la fin ou XVIè siècle et au début du XVIIè  siècle, il y avait à la Rochère un autre Hennezel, certainement protestant, portant le nom biblique de Jérémie. A partir de cette époque jusqu’à la révolution, il y eut à la Rochère des membres de notre famille.  Ils ont habité, pendant deux siècles, une maison-forte qui subsiste encore, vous pourrez la voir demain.

Maison de Jérémie, Jean et Moyse de Hennezel...

  Ce vieux manoir se trouve au nord-est du village, sur la rive gauche du ruisseau qui descend de l’étang du bois.  Sa situation en lisière de la forêt l’abrite des vents du nord et de l’est. Cette maison a du être bâtie avant la guerre de trente ans, par Jean de Hennezel du Tollot, gentilhomme protestant. Elle fut ensuite habitée par son gendre, Moyse de Hennezel de Grammont, celui-ci la restaura après un incendie qui avait détruit presque complètement le village en 1663.  Il y mourut quinze ans plus tard, c’est pour cela qu’on appelle ce vieux logis, la maison de M. Grammont.

  Il existe sous cette ancienne maison-forte, de vastes caves dans lesquelles on a découvert, au milieu du siècle dernier, une quantité assez importante de pièces de monnaie, d’un millésime antérieur à 1636. Ces pièces étaient toutes étrangères, ce qui fait supposer qu’elles avaient été enfouies là avant la plus sanglante année de la guerre de trente ans, par le propriétaire de cette époque, peut-être Jean de Hennezel du Tollot, avant qu’il émigre en Nivernais. . . .

 Une autre maison-forte, construite sur un point culminant du village, existe toujours à quelque distance de la rive droite du ruisseau, elle était la résidence des Thiétry. La construction me parait plus ancienne.  Vous la verrez aussi demain.  Malheureusement, elle a été bien défigure par les propriétaires qui  l’ont restaurée.

  A la fin du XVIIè siècle, après son mariage avec une demoiselle de Hennezel, un Massey s’installa à la Rochère, il y fit souche jusqu’à nos jours, il existe encore actuellement une maison appartenant a la famille de Massey. Enfin, par un mariage aussi, des du Houx et des Finance se fixèrent a la Rochère. Ce sont ces familles de Massey, du Houx et de Finance qui habitaient la verrerie au moment de la révolution.  Sous la terreur, notre village fut un refuge assuré pour tous ceux que pouvaient atteindre les lois révolutionnaires.  Placée à la lisière d’une grande foret, la Rochère était la première étape un peu sure où les proscrits, prêtres, nobles, émigres, suspects, pouvaient se reposer.  Ils y recevaient l’hospitalité la plus cordiale et la plus désintéressée. Ouvriers, cultivateurs, domestiques, gentilshommes, leurs femmes, leurs enfants, tous firent preuve de discrétion et de dévouement, soit pour guider leurs hôtes à travers les forets, soit pour les prémunir contre les surprises et dérouter l’espionnage.

  M. Ernest de Massey, descendant du Sgr. Hyacinthe de Massey, qui administra avec intelligence le village sous la révolution, racontait que les autorités révolutionnaires soupçonnaient les habitants de la Rochère d’avoir de la sympathie pour les proscrits, les suspects. Ne pouvant les prendre en défaut, les républicains se vengèrent par de mesquines exactions à l’égard des femmes, sous  prétexte qu’elles étaient mères, femmes, filles ou sœurs d’émigrés. On leur coupait les cheveux au pied de l’arbre de la liberté dont on les forçait à faire le tour processionnellement coiffées d’un bonnet rouge, puis on les mettait en prison. Dans tous les actes d’état civil de cette période, on affectait de qualifier de «manœuvres » les gentilshommes verriers.  D’ailleurs il en restait peu.  A partir de 1798, la verrerie chôma constamment.  Depuis l’abolition des privilèges, les ouvriers n’appartenaient plus aux familles de gentilshommes, c’étaient des mercenaires venus des provinces voisines.

 Au début du règne de Louis-Philippe, Ernest de Massey fonda une société avec son parent, Laurent du Houx, pour remettre en activité la verrerie. Ce dernier reprit l’affaire à son compte en 1839, il changea l’emplacement de l’usine et la transporta dans sa propriété pour lui donner plus d’extension.  Il s’était associé avec un M.  Baud. Apres la mort de ce dernier en 1859, la société fut liquidée et l’industrie passa aux mains de MM. Balhouhey et Mercier.  Apres la mort de Laurent du Houx, sa veuve chercha à concurrencer les successeurs de son mari. Elle bâtit à grands frais, en 1863, une nouvelle verrerie sur sa propriété de la Rochère. Mais en deux ou trois ans, elle mangea sa fortune personnelle et celle de ses enfants, puis s’expatria avec eux en Amérique.  Elle vécut plusieurs années à Chicago, rentra en France et mourut presque dans la misère.

 Le plus grand des bâtiments construits par M du Houx subsiste toujours, vous y verrez encore, au-dessus de l’entrée principale, un cartouche de pierre sculptée aux armes des du Houx et Grivel de Bart, avec les devises des deux familles.

Quelques années plus tard, M. Balhouhey ayant fait de mauvaises affaires, M. Fouillot reprit seul la verrerie et comme  il disposait de capitaux et avait de l’expérience, l’industrie prospéra. A sa mort, son gendre, M.  Mercier, ancien capitaine d’artillerie, député et président du conseil général de la Haute-Saône, homme intelligent, honnête et populaire, continua avec succès l’ exploitation de la verrerie, il fut secondé par son gendre, M.  Boileau aussi capitaine d’artillerie, démissionnaire, puis par son neveu et fils adoptif, M.  Armand Mercier qui est devenu mon gendre en 1887. Par ce mariage, les descendants des gentilshommes verriers de la Rochère se trouvent encore intéresses à l’industrie ancestrale, puisque sa mère était une demoiselle de Massey. C’est cette association qui subsiste actuellement. La Rochère compte plus de cinq cents habitants qui sont presque tous occupés par le maître de verrerie.

Bien que ruinée, saccagée, brûlée plusieurs fois par siècle, depuis sa fondation, la verrerie de la Rochère s’est toujours relevée et maintenue, soit à cause de sa situation avantageuse, soit à cause de l’énergie et de l’activité des verriers qui l’ont habitée. Entre les mains de ses propriétaires actuels, la verrerie est encore un établissement important et prospère  

La conversation de M. de Finance et la lecture de son histoire de la Rochère que je fis en rentrant à Chavailles, furent une vraie révolution pour moi. J’étais venu en quête de renseignements généalogiques et voila que mon horizon s’élargissait sur l’industrie verrière.  Je pris une copie du manuscrit de M. de Finance, comme j’en avais pris une de la brochure apportée de Véreux. 

Je profite de l’érudition et de l’amabilité de mon vénérable hôte pour revenir à la question famille.  Je lui confie mon projet de publier une importante généalogie des Hennezel. Il m’avoue que sa documentation se borne à peu près au dictionnaire de la Chesnaye-Desbois, sur les branches éloignées de Lorraine depuis longtemps, et il ne connaît pas les générations modernes représentant ces branches.  Il est particulièrement ignorant de celle d’Ormois depuis que nos ancêtres ont quitté la Lorraine pour s’enraciner en Hainaut à la fin du XIIè siècle. Il sait peu de chose des Beaujeu, bien distincts des autres Hennezel, puisqu’ils avaient abandonné la verrerie depuis très longtemps.  Enfin, il n’a jamais eu de rapports avec les représentants de la branche fixée à Nancy.

 Lui-même descend plusieurs fois des Hennezel, son arrière grand-père, Antoine de Finance avait épousé une demoiselle de Hennezel de Bazoilles, fille d’une demoiselle du Houx. Cette aïeule mourut en 1791.  Il me confie alors ces notes sur la branche de Bazoilles qu’il a suivi jusqu’à notre époque. Les derniers représentants se sont éteints récemment dans l’obscurité, la dernière est morte, veuve d’un paysan nommé Vancon, il y a un an, au hameau d’Henricel.  Sa sœur mourut, il y a deux ans, à Thiétry, veuve d’un instituteur, M. Gérard. 

 De fait, un coup d’œil sur la généalogie de cette branche établie par M.  de Finance, me permet de constater quelles existences modestes menèrent, pendant tout le XVIIIè siècle, la plupart des représentants de cette branche.  Me voici loin des châteaux, donjon et forteresse féodale  imagines par mon esprit, au début de mes recherches, d’après la tradition familiale, les preuves faites au XVIIIè siècle et les ouvrages généalogiques compulsés.

Les découvertes que je ferai une trentaine d’années plus tard, me réserveront d’autres surprises.  Si je veux donner place dans mon ouvrage à tous les Hennezel, sans distinction de situation sociale, il faudra faire acte de modestie. Plus tard, je me déciderai  à ces sacrifices d’amour-propre, d’autant plus facilement que j’aurai perdu des illusions sur la valeur historique des travaux généalogiques.  Je comprendrai qu’une famille si nombreuse qu’elle ait été, forme un corps qui ne peut-être amputé.  Lorsqu’elle est très ancienne, elle ressemble à une vieille maison, construite lentement de matériaux de valeurs diverses qu’on ne peut dissocier, sous peine de retirer à la construction sa solidité et son caractère.

Et puis, serait-il loyal d’écarter les Hennezel dont l’existence obscure et laborieuse sur leur terroir, fut quelques fois plus digne et plus méritoire que la vie menée par certains autres qui ont traversé leur siècle, parés de titres ronflants et à l’affût d’honneurs plus ou moins légitimes.

 Cette façon de voir ne sera probablement pas celle de tous les parents de notre nom. . . . . 

Levé de bonne heure, le lendemain matin, je me hâte de visiter le village. Il est presque exclusivement composé de maisons ouvrières basses et la plupart sans étages. Leurs toits plats sont recouverts de tuiles mécaniques qui remplacent les tuiles rondes d’autrefois. Ce mode de couverture est pratique mais sans charme, on en a même charge les toitures des deux gentilhommières, signalées par M. de Finance.

 C’est sur ces vieux logis que je concentre mon attention.  Ils constituaient bien, en effet, des maisons-fortes destinées à protéger les habitants contre les brigands et les vagabonds que pouvait receler la forêt au bord de laquelle elles sont construites. Elles permettaient aussi d’être à l’abri d’un coup de main, aux temps troubles où elles furent élevées. Ces maisons sont bâties solidement, en pierres de taille et moellons, leurs murs sont fort épais.  Au milieu de leur façade principale, une tourelle coiffée d’un toit en poivrière et des mâchicoulis protégeaient les portes d’entrée. De larges fenêtres à meneaux éclairaient les pièces d’habitation, mais de petites meurtrières aidaient aussi à la défense.

 L‘ancienne maison du Hennezel de Grammont est bien située sur la rive gauche du ruisseau qui descend des étangs de la forêt et à quelques pas d’une source abondante.  Elle comporte deux habitations placées en retour d’équerre, l’une perpendiculaire au ruisseau, l’autre parallèle à la lisière de la foret, contre laquelle elle se blottit. La façade du logis principal donne au midi, elle était percée jadis de larges fenêtres à meneaux et d’une porte robuste surmontée d’un mâchicoulis pour en défendre l’accès contre les assaillants. En plein milieu de cette façade, se voit une tour ronde de huit à neuf mètres de hauteur dont la toiture en poivrière dépasse à peine le faite de la maison. Cette tour contient l’escalier de pierre, en vis, qui conduit à l’étage et à de vastes greniers. Elle était certainement autrefois percée de meurtrières et comportait aussi un mâchicoulis dont je devine la trace.

Autour de l’habitation, des bâtiments de dépendances.  Malheureusement ce petit manoir m’apparaît bien défiguré.  Son propriétaire actuel semble s’être efforcé de lui enlever tout caractère ancien, il l’a modernisé  inintelligemment et sans goût.  Je fais un croquis rapide de ce logis qui  abrita pendant deux siècles une branche de la famille. 

L’autre maison-forte, celle des Thiétry, est construite sur la rive droite, elle se dresse sur une petite éminence qui  domine les habitations voisines. Elle est plus trapue, son aspect parait plus ancien.  La façade regarde le sud-ouest. 

 Les pièces d’habitation furent éclairées jadis par de larges fenêtres carrées à meneaux.  Elle comporte en son milieu une tour ronde plus grosse et moins élevée que celle du manoir des Hennezel. Cette tour contient aussi un escalier ce pierre, en vis, à sa base, la porte d’entrée du logis s’ouvre au midi.  On y accède par un élégant perron de pierres de sept ou huit marches de forme très arrondie.

 Cette maison n’a pas subi d’embellissements modernes. Les propriétaires actuels doivent être des ouvriers qui n’ont pas eu les prétentions de transformer leur logis en maison bourgeoise.  Elle parait avoir souffert seulement des injures du temps et des dévastations de guerres.  Les fenêtres à meneaux sont, en grande partie aveuglées, les murs décrépis, le toit de la tour plus aigu que l’autre, me semble encore recouvert de ses tuiles anciennes.  Par contre, la toiture du corps de logis est en tuiles mécaniques.

 Au centre de la construction, s’élève une cheminée carrée et trapue ajourée au sommet et recouverte de pierres pour empêcher les pluies de pénétrer a l’intérieur.  Je croque sur mon album l’aspect de cet intéressant vestige d’une demeure de gentilhomme au début du XVIIè siècle.  De retour à Chavailles, je mettrai  au net ces croquis hâtifs, pour en illustrer mon travail sur la famille. Malheureusement, l’invasion de 1914 m’en dépouillera.

 Ma promenade se termine par un coup d’ oeil sur l’ancienne verrerie bâtie, il y a une quarantaine d’années. C’est un grand bâtiment à l’abandon, s’élevant a l’écart du village, du côté ouest.  J’aperçois au-dessus de la porte centrale, le cartouche Armorie dont m’ a parle M.  de Finance.  Il est naïvement sculpté.  Les armes du Houx « d’azur à trois bandes d’argent accompagnées de quatre billettes d’or, posées en bande et rangées en carré », sont accolées aux armes Grivel de Bard « d’azur à trois faces, croix potencées d’or, posées deux et un ». Une couronne de noblesse « trois fleurons et deux perles » surmontée de deux écussons qui  sont supportés, celui du Houx par un lévrier, la tête couronnée, celui de Grivel, par un homme portant une massue sur l’épaule.  Deux devises encadrent ces blasons, du cote du Houx « qui s’y frotte s’y pique », du côté Grivel « honneur pour guide, vertu pour but ». Au-dessus des écussons la date 1863.  Ce cartouche d’armoiries est encadré d’une moulure et la pierre où il est sculpté porte aux quatre angles des feuilles d’acanthe, c’est un travail assez gauche et sans valeur artistique.

 L’après midi, je reprends le train à la gare de Passavant pour atteindre Darney et de là, gagner à bicyclette Hennezel où m’a invité M. le curé. A ce premier voyage à la Rochère, je ne me souviens pas d’avoir visité la verrerie.

 

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